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Bilan stratégique du rapport annuel de performances


Valérie BADUEL

Directrice générale de l'enseignement et de la recherche

Responsable du programme n° 143 : Enseignement technique agricole




L’enseignement agricole est une composante essentielle du service public national d’éducation et de formation. Il est organisé pour remplir les cinq missions définies par le législateur : formation initiale et continue ; insertion sociale, scolaire et professionnelle des élèves, étudiants, apprentis et stagiaires ; animation et développement des territoires ; développement, expérimentation et innovation agricoles et agroalimentaires ; coopération internationale. Présent sur l'ensemble du territoire national, il constitue le deuxième réseau éducatif du pays avec 806 établissements scolaires : 217 lycées agricoles publics, 368 maisons familiales rurales, 210 lycées agricoles privés et 11 centres médico-éducatifs.

 

Ces établissements dispensent des formations allant de la classe de quatrième aux classes préparatoires aux concours d’entrée aux grandes écoles ou au brevet de technicien supérieur (enseignement supérieur court) dans les champs de compétence du ministère de l’agriculture et de l’alimentation (production, transformation et commercialisation de produits agricoles et agroalimentaires, services en milieu rural, aménagement, environnement), permettant d'exercer « les métiers grandeur nature ». Ils se caractérisent par leur petite taille en formation initiale scolaire (environ 200 élèves en moyenne) et présentent la particularité de posséder quasiment tous un internat (56% des élèves du secondaire sont internes).
 

Plus de 190 000 élèves, étudiants et apprentis sont scolarisés dans un établissement de l’enseignement agricole technique, dont environ un tiers dans l'enseignement public et deux tiers dans l'enseignement privé. Par ailleurs, plus de 14 millions d’heures-stagiaires en formation continue pour adultes ont été délivrées en 2020.

 

L’enseignement technique agricole bénéficie également du support de plus de 240 exploitations agricoles et ateliers technologiques, dont une majorité relève de l'enseignement public. Ces unités de production ont une vocation pédagogique : leur orientation, leur conduite et leur gestion qui se réfèrent aux usages et pratiques commerciales des professions concernées, sont utilisées comme moyens de formation, d’expérimentation, de démonstration et de développement, permettant ainsi de remplir les missions spécifiques et originales de l’enseignement agricole.

 

L'enseignement agricole a été particulièrement touché par la crise de la Covid-19 en raison de sa pédagogie innovante laissant une place importante aux cours pratiques mais également à son modèle de financement. Ce dernier fait appel à une part significative de fonds propres compte tenu des activités économiques importantes (exploitations agricoles, ateliers technologiques, centres de formation continue) et de la présence quasi-systématique d’un internat. Selon l'évaluation interne faite par la DGER (Direction générale d'enseignement et de la recherche) en consolidant les données des EPLEFPA (établissements publics locaux d'enseignement et de formation professionnelle agricoles), qui devra être contre-expertisée, l’impact financier global est estimé à 29,9M€, les établissements publics étant les plus touchés. 25 EPLEFPA ont dû souscrire un emprunt ou une ligne de trésorerie pour faire face aux dépenses courantes. Afin d’assurer la continuité des activités pédagogiques, de soutenir les élèves et des établissements publics et privés d’enseignement sujets à de lourdes difficultés financières, l’Etat a procédé i) au dégel intégral de la réserve de précaution pour 5,457 M€ et ii) à l’ouverture de 7,38 M€ de crédits à l’occasion de la loi de finances rectificative de fin d’année. Ces crédits complémentaires ont notamment contribué au financement de l’aide forfaitaire de 150 € aux étudiants boursiers (1,38 M€) et au versement de 10,2 M€ d’aides aux établissements d’enseignement agricole publics et privés.

 

Le tour de France du camion d'information sur l'enseignement agricole « L'Aventure du vivant » a été interrompu du fait de la crise sanitaire et la plupart des établissements ont été contraints de renoncer à leurs journées portes ouvertes en présentiel. L'enseignement agricole restant mal connu, les établissements ont tout de même proposé ces visites en virtuel pour maintenir l'information des familles. Alors que le bassin de recrutement des établissements agricoles est géographiquement beaucoup plus vaste que celui de l’Éducation nationale, l'incertitude générale engendrée par la crise a poussé bon nombre de familles à la prudence en choisissant une formation à proximité de leur domicile pour éviter l'hébergement collectif en internat. Par conséquent, les effectifs en formation initiale scolaire ont enregistré une baisse avec toutefois une dynamique positive de l'apprentissage, voie de formation bénéficiant du soutien gouvernemental dans le cadre du plan #1jeune1solution.

 

L'enseignement technique agricole a poursuivi en 2020 le processus de rénovation de ses diplômes pour permettre d’adapter son outil de formation aux évolutions de la société et de l’économie, mais aussi des jeunes. A ce titre, une large consultation a été menée auprès de l’ensemble des acteurs de l’enseignement agricole sur l’offre de formation et associant les branches professionnelles. Cette consultation a mis en lumière l’importance des compétences générales (gestion, management, maîtrise du numérique, etc.) et des savoir-être (aisance à l’oral, capacité à travailler en équipe, capacité d’adaptation, esprit d’initiative, etc.). A l’issue de cette consultation, les travaux de rénovation du tronc commun des baccalauréats professionnels ont été lancés, ainsi que la simplification de l’offre de formation et la révision des intitulés de diplômes pour renforcer leur lisibilité. Elle invite à poursuivre la rénovation des référentiels de formation, la création de nouvelles certifications (notamment des certificats de spécialisation) et confirme l'importance d'intégrer l'agro-écologie dans les référentiels de diplômes.

 

L'année 2020 a également été marquée par la mise en œuvre de la réforme du baccalauréat 2021 portant sur la filière générale et technologique « sciences et technologies de l'agronomie et du vivant ». Cette réforme se caractérise par la disparition des séries pour la voie générale et la spécialisation des jeunes afin de faciliter leur poursuite d'études dans l'enseignement supérieur long. Le nombre d'épreuves terminales est réduit et un dispositif de contrôle continu introduit. Plus de 21 000 jeunes sont concernés dans l’enseignement technique agricole.
 

Par ailleurs, l'enseignement agricole montre pleinement son rôle pionnier et d’innovation avec près de 25 % de la surface agricole utile des établissements certifiée en agriculture biologique. En outre, 90% des établissements ont engagé des actions pour réduire leur consommation de produits phytosanitaires dans le cadre des plans Ecophyto. Fin 2020, 70% d’entre eux n’utilisaient plus du tout d’herbicides à base de glyphosate. Les ateliers technologiques sont ainsi particulièrement impliqués dans le plan « Enseigner à produire autrement pour les transitions et l’agro-écologie » mis en œuvre pour contribuer activement au projet agro-écologique pour la France et plus globalement à l’adaptation des systèmes de production aux enjeux climatiques, environnementaux et sociétaux de l’agriculture française.

 

Le plan pour le développement du numérique éducatif dans l'enseignement agricole s'est poursuivi en 2020. Il vise à développer la confiance numérique, accompagner des changements de pratique chez les enseignants et formateurs pour mieux prendre en compte la diversité des apprenants et favoriser l'insertion sociale et professionnelle de ces derniers. Ce plan baptisé « NumEA » permet la mise en réseau d’acteurs dispersés sur le territoire national et s'est déployé à travers différents chantiers tels que l’expérimentation de la « reconnaissance des apprentissages informels », via les open badges, qui a permis de reconnaître l’engagement de jeunes dans certains projets (Trophée national des lycées agricoles, parcours sportif et citoyen, etc.). La crise sanitaire au cours de laquelle les outils numériques ont été massivement utilisés par l'ensemble des personnels enseignants et de vie scolaire a montré toute l'importance et l'enjeu que revêt ce plan.

 

La coopération européenne et internationale est l'une des cinq missions de l’enseignement agricole. Elle se décline à tous les niveaux : national, régional et dans les établissements. Cette mission se matérialise principalement par des mobilités dans le cadre de partenariats entre des établissements ou des formations internationales, avec l'accompagnement de vingt-huit réseaux spécialisés pilotés par le ministère. La dynamique des mobilités, très positive jusqu'à 2019, a été freinée par le contexte sanitaire de sorte que le nombre d'apprenants, qui en ont bénéficié en 2020, a diminué de plus de 40 %. Les établissements de l'enseignement agricole ont cependant développé d'importants efforts pour que les partenariats existants soient maintenus en mettant en œuvre des mobilités « virtuelles », via les outils d'échange en distanciel. Dans ce contexte, le MAA a continué à mobiliser ses crédits articulés avec le fonds du programme ERASMUS+, auprès duquel la direction générale de l’enseignement et de la recherche, ses réseaux et les établissements sont très actifs. La coopération internationale, bien qu'affectée par la crise actuelle, demeure un atout particulier dans les relations extérieures du ministère aux cotés des aspects économiques, sanitaires et de recherche.

 

Dans l’enseignement agricole, le « bien-vivre ensemble » a toujours été considéré à la fois comme une fin en soi et comme une condition pour permettre et faciliter l’ouverture sur le monde et l’acquisition de compétences professionnelles. Le respect de soi et des autres est un objectif de la vie dans l’établissement, mais aussi pour la formation des futurs citoyens. Dans ce cadre, le plan de prévention et de lutte contre les violences, engagé dès 2014, se poursuit. L’enseignement technique agricole contribue aussi à la « grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République », à travers un plan en trois points : la laïcité et la lutte contre les discriminations, la citoyenneté et l’engagement personnel, la mixité sociale et l’égalité.

 

Enfin, le ministère de l’agriculture et de l’alimentation et le ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse portent l'ambition de travailler en synergie. A cet effet, une convention de partenariat identifiant les sujets de collaboration plus étroite a été signée. Parmi ces sujets figurent l’orientation des jeunes vers les filières offertes par l’enseignement agricole, souvent méconnues, la meilleure information des élèves en collège et lycée et la meilleure intégration des formations de l’enseignement agricole dans les processus d’affectation à l’entrée au lycée. Ces efforts se sont poursuivis en 2020 et ont porté notamment sur une meilleure identification et prise en compte des formations de l’enseignement agricole dans le dispositif d’affectation des élèves à l’entrée dans le second cycle de l’enseignement secondaire. À ce titre, cette année encore, un courrier cosigné par la DGER (Direction générale de l’enseignement et de la recherche) et la DGESCO (Direction générale de l'enseignement scolaire) à destination des rectorats, DASEN (Direction académique des services de l'Éducation nationale) et DRAAF (Directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) a été diffusé début mars 2020 en amont de la campagne d’orientation et d’affectation 2020.



Récapitulation des objectifs et des indicateurs de performance


Objectif 1

Assurer un enseignement général, technologique et professionnel conduisant à la réussite scolaire et à une bonne insertion sociale et professionnelle

Indicateur 1.1

Taux de réussite aux examens

Indicateur 1.2

Taux d'insertion professionnelle

Objectif 2

Optimiser la gestion de la formation initiale scolaire

Indicateur 2.1

Coût unitaire de formation par élève pour l'État (enseignement agricole public)