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Présentation stratégique du projet annuel de performances


Isabelle CHMITELIN

Directrice générale de l'enseignement et de la recherche

Responsable du programme n° 143 : Enseignement technique agricole


L’enseignement agricole est une composante essentielle du service public national d’éducation et de formation et constitue le deuxième réseau éducatif du pays. Il est organisé pour remplir les cinq missions définies par la loi : formation (initiale et continue) ; insertion sociale, scolaire et professionnelle des élèves, étudiants, apprentis et stagiaires ; animation et développement des territoires ; développement, expérimentation et innovation agricoles et agroalimentaires ; coopération internationale.


Les établissements scolaires d’enseignement technique, au nombre de 805, dispensent des formations allant de la classe de quatrième aux classes préparatoires aux grandes écoles ou au brevet de technicien supérieur (enseignement supérieur court) dans les champs de compétence du ministère de l’agriculture et de l'alimentation : production, transformation et commercialisation de produits agricoles et agroalimentaires, services en milieu rural, aménagement, environnement. Ils regroupent les établissements publics locaux d’enseignement et de formation professionnelle agricoles (EPLEFPA) et les établissements privés sous contrat avec l’État, contrat pouvant être de deux types, formation à temps plein ou formation conjuguant, selon un rythme approprié, des enseignements en établissement et d’autres dans le milieu agricole et rural.


158 677 élèves et étudiants ont fait leur rentrée 2019-2020 dans l'enseignement technique agricole. Leur répartition est de 61 595 dans les établissements publics, 49 008 dans les établissements privés du « temps plein » et 48 074 dans les établissements privés du « rythme approprié ». Les établissements se caractérisent par leur petite taille en formation initiale scolaire (environ 200 élèves en moyenne) et présentent la particularité de posséder quasiment tous un internat (59% des élèves du secondaire sont internes). Cependant, la mission d’enseignement agricole touche un public plus étendu et diversifié, avec également des formations initiales par apprentissage (36 726 apprentis) et de la formation continue pour adultes (près de 14,5 millions d’heures-stagiaires). L'enseignement agricole encourage les jeunes à partir à l'étranger au moins une fois au cours de leur scolarité afin d'apporter une dimension internationale à leur formation. Pour l'année scolaire 2018-2019, sur 25 700 mobilités, 21 500 élèves, étudiants, apprentis, enseignants, personnels et stagiaires de la formation continue ont choisi l'Europe comme destination.


L’enseignement technique agricole bénéficie également du support de près de 280 exploitations agricoles et ateliers technologiques. Ces unités de production et de commercialisation constituent un support pédagogique aux enseignements, mais sont également utilisées comme moyens d’expérimentation, de démonstration et de développement, permettant ainsi de remplir les missions spécifiques et originales de l’enseignement agricole. La place de l’enseignement public est prépondérante avec 192 exploitations agricoles et 35 ateliers technologiques et centres équestres. Les établissements publics exploitent 19 031 hectares de surface agricole utile (SAU), dont près de 65 % ont obtenu une certification à dominante environnementale pour leur système de production et près de 24 % sont conduits en agriculture biologique, montrant ainsi pleinement leur rôle pionnier et d’innovation.


L’enseignement agricole s’est doté d’un projet stratégique national, dans le cadre de la concertation préalable à l’élaboration de la loi n°2014-1170 du 13 octobre 2014 d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt. Il fixe le cap pour les prochaines années, l’accent étant mis sur le renforcement de la réussite des élèves, de l’insertion professionnelle et de la promotion sociale (à travers notamment un accès plus large vers l’enseignement supérieur), ainsi que sur sa contribution à la transformation de l'agriculture en vue notamment de réduire sa dépendance vis à vis des intrants, des marchés, des aléas...


Dans ce cadre, l’année 2021 sera marquée par la mise en œuvre du plan « Enseigner à produire autrement » axé, pour l'essentiel, sur les transitions et l’agro-écologie. Ce plan, revu et enrichi, place explicitement l’apprenant au centre de la démarche pour favoriser l’acquisition des nouvelles compétences demandées par les professionnels et s’étend à la transformation et aux services. Il étend aux diplômes des filières des services et de la transformation la prise en compte de l’agro-écologie. La contribution et le lien avec l’enseignement supérieur sont également renforcés. Ce plan comporte également un important volet de formation continue de la communauté éducative.


La mise en œuvre de la réforme concernant le baccalauréat général et technologique sera finalisée en 2021, année de la première session de ce nouveau baccalauréat. Il s’agit d’une réforme en profondeur qui valorise les pratiques de l'enseignement agricole et prend en compte ses spécificités. En outre, la réforme des seuils de dédoublement a pour objectif de donner davantage d’autonomie aux établissements pour leur permettre, d’une part, d’élaborer l’offre de formation la plus adaptée aux spécificités locales et, d’autre part, de les accompagner dans leurs efforts de recrutement d'élèves. Les seuils de dédoublement qui jusqu’alors étaient imposés de manière réglementaire et uniforme pour tous les établissements seront désormais définis à leur niveau, à l’exception de ceux résultant de contraintes de sécurité des élèves.


L'année 2021 sera aussi consacrée à la poursuite de la mise en œuvre opérationnelle du nouveau cadre réglementaire de l'apprentissage et de la formation professionnelle continue issue de la loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », dans les organismes de formation du ministère de l'agriculture et de l'alimentation.


Par ailleurs, la mise en œuvre du plan d'action issu de la convention nationale signée en février 2018 entre le ministre de l’éducation nationale et le ministre de l’agriculture et de l’alimentation sera poursuivie. L'objectif est de mobiliser les acteurs à l’échelle nationale, régionale et surtout locale, afin que les formations de l'enseignement agricole soient davantage connues des jeunes, des familles, des personnels d'éducation et des professionnels de l'orientation. La convergence avec les systèmes d’information de l’Education nationale sera poursuivie en parallèle pour offrir aux élèves et étudiants les mêmes services numériques, simplifier les procédures et permettre une vision agrégée de la performance du système éducatif nationale.


Le plan de dynamisation de l’innovation pédagogique, engagé dès 2015, se traduira par la conduite d’expérimentations dans les établissements en réponse à un appel à manifestation d’intérêt national sur le thème de l’évaluation sans note et l’organisation de rencontres nationales de l’innovation pédagogique. L'objectif est d'initier dans les établissements une réflexion collective sur les pratiques pédagogiques propices à favoriser les apprentissages des apprenants et leur réussite. Le numérique y trouvera une place importante.


Ainsi, le plan pour le développement du numérique éducatif dans l'enseignement agricole se poursuit en 2021. Il vise à développer la confiance numérique, favoriser l'insertion sociale et professionnelle, développer des changements de pratique chez les enseignants et formateurs pour mieux prendre en compte la diversité des apprenants. Il constitue un enjeu majeur dans un contexte de pandémie en permettant la continuité des apprentissages à distance dans le cas de fermetures d’établissements ou de classes.


Le ministère est tout particulièrement engagé dans la prise en compte des jeunes en situation de handicap. La meilleure prise en compte du handicap dans le cadre du passage des examens, ainsi que les conditions de recrutement, de rémunération et de formation des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), sont deux points clés des travaux conduits par le ministère en la matière. En 2021, la transformation des contrats aidés en contrats d'AESH sera en particulier poursuivie.


Dans l’enseignement agricole, le « bien vivre ensemble » a toujours été considéré à la fois comme une fin en soi et comme une condition pour permettre et faciliter l’ouverture sur le monde et l’acquisition de compétences professionnelles. Le respect de soi et des autres est un objectif de la vie dans l’établissement, mais aussi pour la formation des futurs citoyens. Dans ce cadre, le plan de prévention et de lutte contre les violences et les discriminations se poursuit. L’enseignement technique agricole reste aussi pleinement engagé sur le respect de la laïcité, l'éducation à la citoyenneté, l’engagement personnel des jeunes, la mixité sociale et l’égalité.


Enfin, la volonté que l’appareil de formation agricole s’adapte, innove et expérimente, conformément aux nouvelles exigences de la société et aux besoins des futurs professionnels, et s’accompagne de la préoccupation constante de maîtriser les coûts et de consolider la santé financière des établissements d’enseignement et de formation. Ces objectifs se concrétisent, d’une part, par des dialogues de gestion portant sur l’adéquation entre la structure pédagogique et les moyens mis en œuvre (tant au niveau central, entre la direction générale de l'enseignement et de la recherche et les directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF/DAAF), qu’au niveau local, entre les DRAAF/DAAF et les établissements) et, d’autre part, par une action de vérification et, le cas échéant, de redressement, par la maîtrise des coûts, de la santé financière des établissements publics.


Le secteur agricole est engagé depuis longtemps dans une évolution des pratiques liée aux attentes fortes de la société en matière d'alimentation, d'environnement et bien-être animal. Les professionnels recherchent des jeunes avec des connaissances et des compétences diversifiées, notamment en matière d'agro-écologie. Les établissements de l'enseignement technique agricole dispensent des formations répondant à ces besoins. Néanmoins, l’enseignement technique agricole reste peu connu de nos concitoyens. C’est pourquoi la campagne de communication « L’aventure du vivant » sur les formations et les métiers sera prolongée en 2021 et bénéficiera, en sus des crédits dédiés au sein du programme 143, d'un soutien complémentaire par l'intermédiaire du plan de relance. La communication digitale utilisant des réseaux sociaux et un site internet permettent de porter à la connaissance des publics cibles les formations et les débouchés liés à l’enseignement agricole, de faire mieux connaître les établissements de formation et la diversité des savoirs professionnels dispensés tout au long de la vie. Un dispositif itinérant se rend au plus près des citoyens pour informer les jeunes, les acteurs de l’orientation et le grand public sur ce que cet enseignement propose. A l’heure où plus de la moitié des exploitants agricoles ne seront plus en activité dans 10 ans et où le besoin de services dans les territoires augmente, l’enseignement agricole se doit de faire connaître ses formations et ses débouchés porteurs d’emploi.



Récapitulation des objectifs et des indicateurs de performance


Objectif 1

Assurer un enseignement général, technologique et professionnel conduisant à la réussite scolaire et à une bonne insertion sociale et professionnelle

Indicateur 1.1

Taux de réussite aux examens

Indicateur 1.2

Taux d'insertion professionnelle

Objectif 2

Optimiser la gestion de la formation initiale scolaire

Indicateur 2.1

Coût unitaire de formation par élève pour l'État (enseignement agricole public)