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Présentation stratégique du projet annuel de performances


Alice GUITTON

Directrice générale des relations internationales et de la stratégie

Responsable du programme n° 144 : Environnement et prospective de la politique de défense


Au sein de la mission « Défense », le programme 144 « Environnement et prospective de la politique de défense » rassemble les crédits destinés à éclairer le ministère des armées sur l’environnement stratégique présent et futur, dans le but d'élaborer et de conduire la politique de défense de la France. La directrice générale des relations internationales et de la stratégie est responsable du programme 144, en cohérence avec les responsabilités qu’elle exerce par ailleurs en matière de stratégie d’influence internationale du ministère, de prospective et de stratégie de défense.


Le programme regroupe les actions « Recherche et exploitation du renseignement intéressant la sécurité de la France » (action 3), « Prospective de défense » (action 7) et « Relations internationales et diplomatie de défense » (action 8) dont la conduite relève : de la direction générale de la sécurité extérieure (action 3-1), de la direction du renseignement et de la sécurité de la défense (action 3-2), de l’état-major des armées (action 7-2), de la direction générale de l’armement (actions 7-3 et 7-4) et de la DGRIS (actions 7-1 et 8).


L’analyse des risques et menaces présentée dans la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale 2017 s’est traduite sur le plan budgétaire par une hausse des crédits du programme 144 dans la loi de programmation militaire 2019-2025. La dégradation du contexte stratégique conjuguée à l’apparition de nouveaux milieux de conflictualité (le cyberespace et l’espace exo-atmosphérique, le numérique, les réseaux de données mobiles 5G ou encore l’intelligence artificielle) justifient pleinement la poursuite de cet effort budgétaire en hausse de + 76 % en autorisations d’engagement (AE) et + 9 % en crédits de paiement (CP) par rapport à la loi de finances initiale 2020.


Au titre du PLF 2021, la ressource du programme 144 s’élève à 3 106 M€ en AE et 1 685 M€ en CP. Ces crédits permettront :

  • de poursuivre la remontée en puissance capacitaire, en effectifs et en moyens, des services de renseignement pour faire face à la permanence de la menace ;
  • de conserver un niveau d’ambition élevé pour l’innovation, dont les enjeux sont considérables dans les domaines opérationnel, capacitaire, technologique et industriel ;
  • de disposer d’une expertise de haut niveau sur l’évolution de l’environnement stratégique en mobilisant les capacités de recherche stratégique ;
  • de conduire la diplomatie de défense sous la responsabilité de la DGRIS, en définissant la stratégie d’influence internationale du ministère et en coordonnant sa mise en œuvre.


Rechercher le renseignement de défense


En 2021, la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) poursuit sa stratégie de renforcement dans la durée de ses capacités de réponse opérationnelle, afin d’anticiper et de s’adapter aux évolutions technologiques, et en particulier aux enjeux de l’univers numérique. Cette stratégie doit permettre au Service d’affermir son modèle intégré, de garantir sa résilience et sa sécurité et d’accroître ses capacités d’action pour faire face à un monde plus dangereux. Conjointement à ces axes de travail, la DGSE maintient ses efforts sur ses dispositifs techniques mutualisés au bénéfice de l’ensemble de la communauté du renseignement. L’année 2021 voit se poursuivre les efforts dans le domaine immobilier, avec une nouvelle étape à franchir dans la réalisation de projets nécessaires aux ambitions stratégiques de souveraineté fondant les trajectoires de programmation militaire.


La direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD) consolide sa transformation pour devenir un service de renseignement de temps de crise durable. Cette transformation s’appuie sur des investissements significatifs notamment pour acquérir des outils de contre-ingérence efficaces et innovants. À cette fin, le Service poursuivra en 2021 le développement de la nouvelle base de souveraineté qui permettra de stocker et d’exploiter le renseignement à partir d’une solution logicielle purement nationale. Le déploiement d’outils d’aide à la décision permettant de fluidifier le processus d’habilitation constitue également une priorité du Service avec la modernisation de l’outil Sophia. Enfin, pour assurer sa montée en puissance, la DRSD maintiendra un plan d’équipements en moyens techniques pour la direction centrale et les échelons déconcentrés sur le territoire national et à l’étranger.


Soutenir la recherche stratégique au profit des études de prospective et de stratégie de défense


La DGRIS assure la réalisation d’études prospectives de l'évolution de l'environnement international et en particulier l’analyse des risques et menaces qui peuvent affecter la sécurité de la France et de l'Union européenne. Elle met en œuvre à leur profit un dispositif de soutien à la recherche stratégique externe, réformé en 2015 afin de contribuer à la consolidation de cet écosystème (think tanks, instituts de recherche, universités, etc.) et à la « relève stratégique » (promotion de jeunes chercheurs). En 2021, elle mettra en œuvre de nouvelles mesures de soutien, non budgétaires (promotion des think tanks français à l’international par exemple). Par ailleurs, dans le cadre du pacte enseignement supérieur (PES), le label « Centre d’excellence » qui vise à promouvoir l’enseignement et la recherche universitaires portant sur des enjeux de défense sera pleinement mis en œuvre. Ce dispositif d’excellence, qui complète les allocations doctorales et postdoctorales, participe au renforcement de l’influence et du rayonnement de la pensée stratégique française en finançant la projection d’experts français à l’international auprès de laboratoires de référence.


Définir les systèmes de forces futurs et contribuer à la maîtrise de capacités industrielles et technologiques cohérentes  


Les études de défense, qu’il s’agisse des études opérationnelles et technico-opérationnelles (EOTO) ou des études amont, contribuent au développement des nouvelles capacités opérationnelles dont auront besoin les forces armées dans le futur. La programmation 2021 des études amont s’appuie sur le document de référence de l’orientation de l’innovation de défense (DROID) 2020 élaboré par l’agence de l’innovation de défense (AID) et validé par la ministre des armées lors du comité exécutif (COMEX) consacré à l’innovation du 20 mai 2020. Le projet de loi de finances 2021 prévoit un niveau de ressource de 1,2 Md€ en AE et de 0,9 Md€ en CP permettant d’investir dans des technologies de rupture, de lancer des démonstrateurs innovants et de faire face aux enjeux de préparation des futurs systèmes d’armes face aux menaces émergentes[1]. Un effort particulier est consenti en 2021 dans le domaine des missiles avec le lancement de la phase d’évaluation (« assessment phase ») du projet FMAN/FMC (futur missile anti-navire/futur missile de croisière) en coopération franco-britannique et dans les travaux sur les planeurs hypersoniques. Ces crédits doivent en outre contribuer au lancement de nouvelles thématiques d’innovation dont les principaux axes sont la lutte anti-drones, l’hyper-vélocité, le quantique et l’énergie.


Par ailleurs, il a été décidé de lancer un fonds d’investissement « DEFINNOV » visant au soutien d’entreprises développant des technologies d’intérêt défense, duales et transversales aux différents systèmes de défense. Ce fonds s’adressera aux entreprises (start-ups, PME) innovantes ayant fait la preuve de la validité de leur modèle économique sur un marché primaire hors défense. Il visera également à accompagner les entreprises soutenues vers le marché défense en concertation avec les grands groupes de défense.


Enfin, dans la situation économique actuelle, suite à la crise sanitaire liée à la COVID-19, il a été décidé de doubler le montant alloué au fonds d’investissement « DEFINVEST », afin de pouvoir sauvegarder des PME d’intérêt stratégique pour notre défense par des dotations en capital. Cet effort en termes d’études amont s’accompagne également d’une augmentation des crédits attribués aux organismes de recherche sous tutelle du ministère (ONERA, ISL, écoles d’ingénieurs sous tutelle DGA) dont les travaux participent également à l’innovation de défense ; en 2021, l’augmentation des crédits concerne essentiellement l’École Polytechnique.


Orienter et conduire la diplomatie de défense


L’action « Relations internationales et diplomatie de défense » couvre notamment l’aide versée par la France au Gouvernement de la République de Djibouti, conformément à la convention bilatérale signée entre les deux pays le 20 décembre 2011, la contribution de la France au budget de l’Agence européenne de défense (AED) en hausse en 2021 compte tenu du BREXIT, ainsi que des actions de coopération scientifique bilatérales et multilatérales venant en soutien de la stratégie nationale de lutte contre la prolifération des armes de destruction massive (PMG7). 


Chargée de piloter l’action internationale du ministère des armées, en y associant l’EMA, la DGA et le SGA, la DGRIS poursuit en 2021 son rôle de coordonnateur de la fonction internationale. Pour mener ses missions en faveur de l’influence de la France et de l’Europe dans le monde, elle s’appuie sur le maintien d’un réseau diplomatique de défense français à l’étranger solide, le déploiement d’officiers de liaison et d’échange, le développement de dialogues de niveau stratégique, la négociation et la mise en œuvre de plans de coopération négociés avec nos partenaires, les actions de formation de militaires étrangers en France ainsi que des actions d’information et de rayonnement variées, dont le programme des personnalités d’avenir de la défense (PAD).



[1] Conformément aux priorités de la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale (2017).



Récapitulation des objectifs et des indicateurs de performance


Objectif 1

Améliorer le niveau de sécurité des forces et du patrimoine industriel et économique lié à la défense (DRSD)

Indicateur 1.1

Taux d'avis émis dans les délais prescrits

Indicateur 1.2

Taux des sites du domaine militaire et des sites industriels et économiques liés à la défense inspectés dans les délais prescrits

Objectif 2

Développer les capacités scientifiques technologiques et industrielles nécessaires à la défense

Indicateur 2.1

Taux de progression des technologies spécifiques nécessaires à la défense

Objectif 3

Contribuer à l'autorisation et au contrôle des transferts des biens et technologies sensibles

Indicateur 3.1

Délai de traitement des dossiers d'exportation de matériels de guerre