$@FwLOVariable(libelleProg#Enseignement technique agricole)

$@FwLOVariable(annee#2023)

$@FwLOVariable(numProg#143)

$@FwLOVariable(enteteSousTitre#Présentation stratégique)

 

Présentation stratégique du projet annuel de performances

Benoît BONAIMÉ

Directeur général de l'enseignement et de la recherche

Responsable du programme n° 143 : Enseignement technique agricole


L’enseignement et la formation agricoles font partie intégrante du service public national d’éducation et de formation. L’originalité de l’enseignement technique agricole réside, outre la mission de formation initiale et continue, dans la mise en œuvre de quatre autres missions, inscrites dans la loi (Code rural et de la pêche maritime) : la contribution à l’insertion scolaire, sociale et professionnelle, la contribution à l’innovation et à l’expérimentation agricole et agroalimentaire, la participation à l’animation et au développement des territoires et la participation aux actions de coopération internationale.

 

L’enseignement technique agricole, piloté par la direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) au sein du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a accueilli près de 210 000 apprenants pour l’année scolaire 2021-2022, soit un peu plus de 156 000 élèves et un peu plus de 53 000 apprentis. Il a aussi dispensé plus de 13,7 millions d’heures-stagiaires de formation continue. Ces enseignements sont assurés au sein de 175 établissements publics locaux d’enseignement et de formation professionnelle agricoles (EPLEFPA) et 586 établissements privés qui couvrent l’ensemble du territoire métropolitain ainsi que les territoires ultramarins.

 

Les établissements de l’enseignement agricole technique dispensent des formations allant de la classe de quatrième aux classes préparatoires aux concours d’entrée des grandes écoles et au brevet de technicien supérieur agricole (BTSA, enseignement supérieur court). Ils préparent les apprenants à plus de 200 métiers : des métiers liés à la production, la transformation et la commercialisation de produits agricoles et agroalimentaires, mais aussi des métiers de la préservation et de la mise en valeur des milieux naturels, de l’entretien et la création d’aménagements paysagers, services aux personnes âgées ou à la petite enfance en milieu rural, services aux territoires (tourisme, animation, communication, etc.) ou encore le commerce et la vente. Il s’agit d’une large palette de métiers, tous en lien avec la notion de vivant - agriculture, nature et contact avec les femmes et les hommes.

 

L’enseignement technique agricole appuie notamment son action sur plus de 240 exploitations agricoles et ateliers technologiques au sein des établissements d’enseignement, dont une majorité relève de l’enseignement public. Ces unités de production ont à la fois une vocation pédagogique, de production, de démonstration et d’expérimentation : leur orientation, leur conduite et leur gestion, qui se réfèrent aux usages et pratiques commerciales des professions concernées, sont utilisées comme supports de formation, d’expérimentation, de démonstration et de développement, permettant ainsi de remplir les missions spécifiques et originales de l’enseignement agricole.

 

L’enseignement agricole technique jouera pleinement son rôle en 2023 face aux défis auxquels notre société fait face : souveraineté alimentaire, renouvellement des générations, accompagnement des transitions, notamment agro-écologique, attractivité, reconnaissance, réponse aux besoins des professionnels et des territoires. Face à ces défis, l’enseignement agricole dispose d’atouts considérables avec une attention particulière portée à l’innovation pédagogique et l’accompagnement éducatif des élèves, un enseignement professionnel de qualité, des diplômes régulièrement rénovés, des taux de réussite aux examens supérieurs à l’enseignement classique ou encore une filière apprentissage qui s’adapte pour continuer de répondre aux besoins des professionnels et des territoires. La DGER s’attache également à renforcer le continuum formation-recherche-innovation-développement qui constitue la particularité de l’enseignement agricole telle que prévue par la réglementation, ainsi que les partenariats avec le monde professionnel.

 

Afin de permettre aux jeunes de s’orienter vers des cursus et des filières qui prennent en compte pleinement leurs aspirations, mais également les besoins des professionnels pour permettre leur future insertion professionnelle, le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a renforcé sa collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale aux niveaux national, régional et local. L’objectif est de faciliter la construction du parcours de formation des élèves grâce à l’accès à une bonne information sur l’ensemble des filières proposées tant au sein des établissements relevant de l’éducation nationale que dans les établissements agricoles. Il s’agit également de faire savoir que le choix de l’enseignement agricole constitue une chance supplémentaire de disposer d’un emploi d’avenir dans des secteurs multiples qui, chaque année, recrutent. Ainsi, près de 72 % des titulaires d’un BTS agricole sont en situation d’emploi 7 mois après leur diplomation et plus de 92 % le sont après 33 mois (indicateur 1.2).

 

L’orientation des élèves étant également un enjeu particulier de l’égalité entre les femmes et les hommes, la DGER a mis en place des formations à destination des acteurs de l’orientation évoquant les aspects genrés de celle-ci. De même, les enseignants et les conseillers principaux d’éducation formés au sein de l’ENSFEA (École nationale supérieure de formation de l’enseignement agricole) sont sensibilisés aux enjeux de l’éducation à l’égalité.

 

D’une manière plus générale, l’enseignement agricole technique œuvre en faveur du respect de la diversité et de l’égalité entre les femmes et les hommes grâce à des enseignements qui contribuent à la sensibilisation des élèves à l’égalité entre les sexes, au respect pour autrui ou encore à la lutte contre les discriminations, avec l’éducation morale et civique, l’éducation à la santé et à la sexualité et l’éducation socio-culturelle. Cette dernière est un enseignement spécifique de l’enseignement agricole qui a notamment pour but de former un futur citoyen en lui donnant les moyens de comprendre le monde qu’il entoure et d’agir et de communiquer selon les valeurs démocratiques de notre société.

 

Le dynamisme de l’enseignement agricole en matière de recrutement de jeunes par la voie de l’apprentissage est remarquable, avec un doublement des effectifs d’apprentis à la suite de la loi de 2018 sur la liberté de choisir son avenir professionnel. La prise en compte historique des trois voies de formations professionnelle (scolaire, par apprentissage et en formation continue) dans la grande majorité des établissements agricoles permet à cet appareil de formation de répondre de façon adaptée à ce nouveau contexte. La dynamique de l’apprentissage contribue à répondre aux tensions de recrutement du secteur agricole et constitue un levier majeur pour l’insertion des jeunes, avec un taux d’insertion professionnelle proche de 100 % à l’issue d’une formation dans les secteurs couverts par l’enseignement technique agricole.

 

En complément de la mission de formation, le législateur a assigné à l’enseignement technique agricole une mission d’insertion scolaire, sociale et professionnelle. L’appareil de formation du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire est pleinement associé au développement par le ministère de l’Éducation nationale de nouveaux outils de travail collaboratif utilisés pour le repérage et le suivi des jeunes décrocheurs, afin de leur offrir une solution de formation ou d’insertion. Dans le cadre de la prévention du décrochage, l’enseignement agricole mène de nombreuses actions, notamment dans le cadre de la construction du projet personnel, scolaire et professionnel du jeune, avec des sessions de formation pour les personnels enseignants et d’éducation et un appui des établissements dans la mise en œuvre de démarches pédagogiques et organisationnelles innovantes.

 

L’accompagnement des jeunes mobilise également des savoir-faire qui sont propres aux établissements d’enseignement agricole et contribuent à l’insertion sociale et scolaire du public accueilli dans les différentes voies de formation (voie scolaire, formation par apprentissage, formation continue pour adultes ou pour des jeunes ayant interrompu leurs études). Avec près de 60 % d’élèves internes, le temps de vie scolaire hors enseignement a toujours été organisé pour favoriser l’approfondissement et l’appui scolaire et pour développer l’ouverture culturelle et l’apprentissage de la vie en société.

 

L’accompagnement des élèves en situation de handicap constitue également un engagement fort du ministère chargé de l’agriculture dans le cadre de la politique gouvernementale d’inclusion scolaire des apprenants, avec un nombre d’élèves bénéficiaires en augmentation constante depuis 2018 (+126 %), associé à une augmentation des ETP d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) sur la même période (+78 %). Le ministère soutien l’amélioration de la qualité de l’accompagnement du jeune dans sa scolarité par la parution de documents d’accompagnement à destination des équipes de direction et une formation accrue tant initiale que continue pour les AESH, les personnels enseignants, d’éducation, de santé et de direction dans le cadre de leur prise de fonction. Un programme de formation dédié a ainsi été développé avec une expérimentation sur trois régions. Ce programme sera généralisé sur l’ensemble du territoire en 2023.

 

L’une des missions des établissements de l’enseignement agricole est de participer à l’animation et au développement des territoires dans leurs composantes agricole, sociale, économique, culturelle, sportive et environnementale. Il s’agit pour les établissements d’agir avec et pour leur territoire en lien avec les acteurs du monde agricole et rural, les collectivités territoriales, les organismes de recherche et les associations.

Le développement de ces partenariats permettra encore à l’enseignement agricole de contribuer en 2023 à l’innovation et à l’expérimentation agricole et agroalimentaire, sa 4e mission, au regard des objectifs définis dans les politiques publiques prioritaires pour l’agriculture : plan « Enseigner à produire autrement pour les transitions et l’agro-écologie », plan Écophyto de réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques, dont l’arrêt de l’utilisation du glyphosate, plan Écoantibio de réduction de l’usage des antibiotiques chez les animaux, dispositions de la loi Égalim pour le recours de produits bio ou sous label qualité dans la restauration collective, plan national en faveur des insectes pollinisateurs et de la pollinisation, stratégie nationale bien-être animal, etc.

Pour la rentrée 2022-2023, la DGER a créé un nouveau dispositif « Émergence » pour accompagner des établissements à répondre à un ou plusieurs appels à projets nationaux contribuant significativement à la mission d’animation et de développement des territoires. Pour cela, une partie du temps d’enseignants sera libéré pendant une année scolaire pour accompagner un ensemble de 42 projets innovants dans les champs du développement agricole et rural, des politiques éducatives ou de la coopération internationale.

 

La coopération européenne et internationale constitue la 5e mission de l’enseignement agricole conférée par le législateur. Elle se décline à tous les niveaux : national, régional et dans les établissements. Cette mission se matérialise principalement par des mobilités dans le cadre de partenariats entre des établissements ou des formations internationales, avec l’accompagnement de vingt-huit réseaux spécialisés pilotés par le ministère. La dynamique des mobilités, très positive jusqu’à 2019, a été freinée par le contexte sanitaire et devrait connaître une nouvelle dynamique en 2023. Les élèves pourront bénéficier du cadre rénové du programme Érasmus+ qui représente une opportunité, avec des financements qui ont doublé au niveau européen et un programme plus inclusif, plus vert et plus international, en phase avec les ambitions de l’enseignement agricole. Celui-ci, qui représente environ 3 % des effectifs totaux de l’enseignement secondaire, perçoit près de 9 % des crédits communautaires reçus par la France via ce programme européen.

 

Plus généralement, afin de permettre d’objectiver la plus-value de l’enseignement agricole et sa capacité à faire réussir les élèves à travers sa dimension pédagogique particulière, un travail de fond est engagé sur l’évaluation de la valeur ajoutée des établissements, via l’outil APAE du ministère de l’Éducation nationale qui sera adapté aux spécificités de l’enseignement agricole. Enfin, un outil d’auto-évaluation sera mis à disposition des établissements, avec l’appui de l’Inspection de l’enseignement agricole, dans une optique d’amélioration grâce à l’apport de pairs. Cette démarche est en cohérence avec celle entreprise à l’Éducation nationale et en lien étroit avec le conseil de l’évaluation de l’école, placé auprès du ministre chargé de l’éducation nationale et chargé d’évaluer en toute indépendance l’organisation et les résultats de l’enseignement scolaire.

 

 



Récapitulation des objectifs et des indicateurs de performance

Objectif 1 : Assurer un enseignement général, technologique et professionnel conduisant à la réussite scolaire et à une bonne insertion sociale et professionnelle

Indicateur 1.1 : Taux de réussite aux examens

Indicateur 1.2 : Taux d'insertion professionnelle

Objectif 2 : Optimiser la gestion de la formation initiale scolaire

Indicateur 2.1 : Dépense de l’État pour la formation d’un élève de l’enseignement agricole technique