$@FwLOVariable(libelleProg#Action de la France en Europe et dans le monde)

$@FwLOVariable(annee#2024)

$@FwLOVariable(numProg#105)

$@FwLOVariable(enteteSousTitre#Présentation stratégique)

 

Présentation stratégique du projet annuel de performances

Frédéric MONDOLONI

Directeur général des affaires politiques et de sécurité

Responsable du programme n° 105 : Action de la France en Europe et dans le monde


Le programme 105 réunit 60 % des emplois et 31 % des crédits dévolus au MEAE pour la mise en œuvre de la politique étrangère de la France. Trois objectifs complémentaires lui sont assignés :


1 - « Renforcer la sécurité internationale et la sécurité des Français » : y concourent les actions de formation et de coopération de la direction de la coopération de sécurité et de défense (38,9 M€); la sécurité de l’ensemble des réseaux français à l’étranger et la protection des communautés françaises assurée par le centre de crise et de soutien (5,1 M€) ; la sécurisation des implantations françaises, qui relève de la direction de la sécurité diplomatique (79 M€) et de la direction de l’immobilier et de la logistique (142 M€) ;


2 - « Promouvoir le multilatéralisme et construire l’Europe » : le financement de plus de quatre-vingt organisations internationales et européennes ainsi que d’autres instruments internationaux (928 M€) marque notre volonté d’agir comme acteur de premier plan en faveur du multilatéralisme et dans le traitement des questions globales (sécurité, environnement, commerce, énergie). L’Europe constitue notre premier cercle d’influence et une priorité.


3 - « Assurer un service diplomatique efficient et de qualité » : Le Programme 105 porte les crédits de fonctionnement des directions conduisant notre diplomatie (directions politiques et direction de l’Union européenne) et des services qui soutiennent l’action diplomatique (notamment presse et communication, protocole), ainsi que toutes les fonctions support assurant la bonne articulation des ressources humaines et des moyens (administration générale, systèmes d’information et de télécommunications, politique immobilière, logistique diplomatique…). Il assure le fonctionnement du réseau diplomatique (311,3 M€) indispensable pour relayer et mettre en œuvre les décisions prises par les plus hautes autorités de l’État. Ce réseau évolue constamment pour s’adapter à un monde en pleine transformation et répondre à des défis toujours plus nombreux.


En 2024, parmi les enjeux prioritaires mobilisant le ministère et son réseau diplomatique figureront : le soutien à l’Ukraine dans un contexte de guerre aux multiples conséquences (sécuritaire, humanitaire, militaire, économique, etc.) sur les équilibres en Europe et à l’échelle du monde, la lutte contre l’action déstabilisatrice des groupes terroristes, l’accompagnement à la résolution des crises, ainsi que la lutte contre les menaces transversales dont certaines affectent directement la vie des Français et notre souveraineté économique (cyber sécurité, drogue, criminalité, flux migratoires, etc.). Les enseignements de la pandémie de COVID‑19 nous amènent à renforcer nos efforts sur la gouvernance internationale des sujets globaux (climat, environnement et biodiversité, santé, éducation, égalité ou encore numérique).


L’action du MEAE se déclinera en 2024 également aux niveaux de priorités régionales et bilatérales :


  • En Afrique, le ministère poursuivra la mise en œuvre des engagements du Président de la République visant à bâtir une nouvelle relation équilibrée, réciproque et responsable avec nos partenaires africains, dans la continuité des discours du 28 novembre 2017 et du 27 février 2023 ainsi que du nouveau sommet Afrique-France du 8 octobre 2021. Cette volonté se traduira par le soutien à la jeunesse africaine et à des projets visibles et proches du terrain. Le ministère s’attachera à entretenir le dialogue avec nos partenaires africains sur nos sujets d’intérêt commun, notamment l’État de droit, la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité, l’investissement solidaire et durable, la déclinaison d’un nouveau pacte financier mondial pour financer la transition écologique et la sortie de la pauvreté, le renforcement des systèmes alimentaires ou encore l’accompagnement de l’entreprenariat en Afrique. Enfin, le ministère continuera de mettre sa diplomatie au service de la paix, face aux crises et aux menaces des groupes terroristes, en appui de l’action de l’Union africaine et des organisations régionales africaines et dans le cadre de celle de l’Organisation des Nations unies.


  • En Afrique du Nord et au Moyen-Orient, le ministère renforcera notre action de stabilisation dans le cadre des crises multiformes qui touchent la région, notamment en Libye, en Syrie, au Liban, au Yémen, au Sahara occidental et en Palestine ; il continuera de soutenir les acquis démocratiques et les réformes économiques en Tunisie et en Irak et poursuivra nos efforts diplomatiques de haut niveau sur le dossier nucléaire iranien, contre les actions déstabilisatrices de l’Iran dans la région, ainsi que pour la libération de nos ressortissants détenus en Iran.


  • En Amérique du Nord, la relation avec les États-Unis reste prioritaire mais celle avec le Canada pourra être dynamisée par l’organisation d’un conseil des ministres franco-canadien et la poursuite de l’année franco-québécoise de l’innovation. Avec les pays d’Amérique latine et des caraïbes, notre diplomatie continuera de contribuer à la recherche d’une sortie de crise au Venezuela, ainsi qu’à la facilitation du dialogue entre le gouvernement et l’opposition en Haïti et aux efforts multilatéraux pour parvenir à retrouver un niveau de sécurité acceptable dans le pays. Nous approfondirons notre engagement sur le climat et la biodiversité en vue de la conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC 3), coprésidée par la France et le Costa Rica.


  • En Asie, le MEAE s’attachera à approfondir nos partenariats, en particulier avec l’Inde, l’Asie du Sud-Est et l’Océanie, ainsi qu’à célébrer le soixantième anniversaire des relations diplomatiques avec la Chine tout en maintenant le cadre européen de mars 2019 et un dialogue exigeant dans la relation avec Pékin. Nous renforcerons notre présence dans l’Indopacifique, en particulier avec l’ouverture d’une ambassade bilatérale aux Samoa et le développement de la relation avec l’association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN) pour la mise en œuvre du partenariat de dialogue France-ASEAN.


  • En Europe continentale, la priorité de la France est le soutien civil et militaire à l’Ukraine face à l’agression de la Russie et la contribution, avec notamment les partenaires de l’UE et du G7 et en relation avec d’autres acteurs (pays du G20, pays africains, asiatiques et golfiques), à une solution diplomatique au conflit, juste et durable et reposant sur les principes de la charte des Nations unies ; le ministère poursuivra également ses efforts pour la résolution des crises par l’accompagnement de la négociation d’un traité de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ainsi que du dialogue entre la Serbie et le Kosovo ; l’accent sera par ailleurs mis sur l’élargissement de l’Union européenne par l’accompagnement sur le chemin des réformes de l’Ukraine, la Moldavie et la Bosnie-Herzégovine, qui se sont vu octroyer le statut de pays candidat, ainsi que sur la diplomatie économique en Asie centrale, notamment au Kazakhstan et en Ouzbékistan.


Sur le plan européen, les efforts porteront sur la préparation du nouveau cycle programmatique et législatif suite au renouvellement des institutions après les élections de juin. Nos 3 grandes priorités seront le maintien de notre soutien à l’Ukraine dans toutes ses dimensions ; la poursuite des transformations que l’UE a engagé, notamment l’agenda de Versailles, l’autonomie stratégique, la doctrine de sécurité économique, les sommets de la CPE ainsi que la préparation de l’élargissement ; la finalisation, dans le cadre de la session parlementaire en cours, des dossiers clés, tels que le Pacte Asile-Migrations, la réforme du marché de l’énergie ou le Paquet « Ajustement à l’objectif 55 ».


L’engagement du MEAE sur les questions stratégiques et de sécurité, notamment via l’OTAN, l’Europe de la défense et l’accompagnement de nos opérations militaires extérieures, se poursuivra en 2024 autour des actions suivantes, en lien avec le Ministère des armées et les services concernés :


  • soutien à l’Ukraine et identification de pistes d’action pour préserver la stabilité stratégique;

  • mise en œuvre des priorités de l’UE (Boussole stratégique, investissements européens dans les capacités de défense), de la coopération avec l’OTAN et des décisions OTAN ;

  • notre redéploiement au Sahel, le dialogue de sécurité dans le Golfe, notre présence en Indopacifique, ainsi que la mise en œuvre de notre stratégie indopacifique ;

  • lutte contre le financement du terrorisme, son utilisation d’internet

  • lutte contre les manipulations de l’information ;

  • renforcement de la stabilité dans le cyberespace et du pilier cyber de la solidarité et de la souveraineté numérique européennes, lutte contre la prolifération des armes cyber et la cybercriminalité ;

  • lutte contre la criminalité organisée, les stupéfiants, la traite des êtres humains et la criminalité environnementale ;

  • renforcement du régime de non-prolifération nucléaire et des conventions sur l’interdiction des armes chimiques et des armes biologiques ;

  • défi des trafics des armes légères et de petit calibre et du recours aux armes explosives en zones peuplées ou aux systèmes d’armes létaux autonomes ;

  • préservation du cadre et des acquis de l’OSCE ;


Enfin, conformément à l’Agenda de la transformation dont les axes ont été formulés par le Président de la République, les moyens du programme 105 (+8,8 % de crédits) seront mobilisés pour le renforcement des capacités d’analyse et d’anticipation, d’influence et de communication, ainsi que de gestion de crise. Des investissements structurels seront poursuivis en matière de modernisation numérique, d’immobilier et de sécurité, en particulier du réseau à l’étranger.



Récapitulation des objectifs et des indicateurs de performance

Objectif 1 : Renforcer la sécurité internationale et la sécurité des Français

Indicateur 1.1 : Accroître la sécurité de la France au travers de celle de nos partenaires

Indicateur 1.2 : Veiller à la sécurité des Français à l'étranger

Objectif 2 : Promouvoir le multilatéralisme et agir pour une Europe souveraine, unie, démocratique

Indicateur 2.1 : Optimiser l'effort français en faveur du maintien de la paix

Indicateur 2.2 : Dossiers préparés dans le cadre des échéances européennes et des échanges bilatéraux

Indicateur 2.3 : Promouvoir les objectifs environnementaux à l'international

Objectif 3 : Assurer un service diplomatique efficient et de qualité

Indicateur 3.1 : Efficience de la gestion immobilière

Indicateur 3.2 : Respect des coûts et délais des grands projets d'investissement

Indicateur 3.3 : Efficience de la fonction achat