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Présentation stratégique du projet annuel de performances

Général d'armée Thierry Burkhard

Chef d'état-major des armées

Responsable du programme n° 178 : Préparation et emploi des forces


Le programme 178 « Préparation et emploi des forces » vise à satisfaire aux exigences de mise en condition et d’engagement des forces définies par les contrats opérationnels, eux-mêmes déclinés des ambitions de la revue nationale stratégique de novembre 2022 et de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030. En ce sens, il est au cœur de la mise en œuvre des forces armées. Organisé de façon à pouvoir assurer simultanément la conduite des opérations et la préparation des forces dans un cadre organique cohérent, le programme 178 est placé sous la responsabilité du chef d’état-major des armées (CEMA) au titre de ses attributions en matière de commandement des opérations militaires, de préparation et de mise en condition d’emploi des armées, de leur soutien, de la définition de leur format d’ensemble et de leur cohérence capacitaire.

Le conflit en Ukraine marque un tournant majeur ainsi qu’une accélération brutale de la dégradation de notre environnement stratégique constatée depuis une décennie, qui appelle un changement de paradigme pour la France et tous les pays européens. Ce nouveau contexte stratégique se caractérise par trois tendances. La première est l’emploi désinhibé de la force, redevenu pour beaucoup d’acteurs le mode de règlement des conflits. La deuxième tendance est la contestation de notre liberté d’action par de grands compétiteurs, animés de la même volonté d’affirmer leur présence dans tous les domaines de confrontation, y compris dans le champ de l’influence, désormais érigée en 6e fonction stratégique. Enfin, la troisième tendance est le changement d’échelle, qui se traduit par une extension de la conflictualité à l’ensemble des milieux et des champs et par la mise en œuvre de stratégies hybrides.

Face à de fortes incertitudes et à la montée des menaces, la LPM 2024-2030 porte l’ambition de préserver un modèle d’armée crédible, équilibré et cohérent, en poursuivant l’indispensable modernisation de nos forces et en les adaptant à l’évolution de la conflictualité. Dans cette perspective, l’année budgétaire 2024 est la première marche d’une ambition de modèle rénové pour nos armées, au service d’une France souveraine qui défend son autonomie stratégique, puissance indépendante, libre de ses choix et de ses alliances et fiable comme partenaire diplomatique et militaire. Cette ambition s’inscrit dans le cadre d’alliances, en particulier au sein de l’Union européenne et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Elle tire les leçons de plus de vingt ans de lutte contre le terrorisme et de conflits asymétriques, entame une transformation nécessaire à la supériorité opérationnelle de nos armées, pour anticiper les sauts technologiques et les usages associés, notamment dans le domaine de l’espace, des fonds marins, de la cybersécurité, des drones, des différents domaines de la recherche fondamentale et appliquée issue de la physique quantique ou de l’intelligence artificielle.


1. Renforcer les forces morales et la cohésion nationale

Les armées contribueront davantage à la cohésion et à la résilience de la Nation en s’appuyant sur un lien Nation-armée rénové et plus visible (service militaire adapté, service militaire volontaire, modification de la doctrine d’emploi des réserves dont le volume global va doubler sur la période, etc.). Pour l’emporter dans une conflictualité qui est avant tout une confrontation des volontés, la vigueur des forces morales, c’est-à-dire la capacité individuelle et collective à prendre l’ascendant sur les évènements, est décisive. Les armées doivent donc cultiver leurs forces morales, combinaison de paramètres divers comme le sens de la mission, l’adhésion au projet collectif, la discipline, les conditions de vie et de travail ou encore le soutien apporté à la Nation. Une attention particulière sera prêtée au renforcement du lien entre la jeunesse et les armées qui constitue un enjeu essentiel pour la cohésion nationale. Par ailleurs, au quotidien, les efforts seront poursuivis pour améliorer les conditions de vie sur les emprises militaires notamment par l’entretien de l’infrastructure. De manière générale, le suivi de nos blessés comme la prise en compte des familles s’accentuent : le « plan famille II » y contribue notamment en 2024 au titre de l’accompagnement des mutations des militaires et de leur famille.


2. Renforcer la cohérence et la réactivité d’une armée d’emploi


En 2024, les armées maintiendront la permanence de la dissuasion nucléaire, clé de voûte de la défense de notre pays, et entameront une évolution vers un nouveau référentiel opérationnel. Elles doivent développer et renforcer leur capacité à faire face à un engagement majeur et à des affrontements de haute intensité, dans tous les champs de la conflictualité. Il s’agira, d’une part, de rehausser le niveau d’exigence de préparation opérationnelle et de disponibilité des matériels (poursuite de l’optimisation des stocks de munitions, y compris les plus complexes, et de lots de maintien en condition opérationnelle) et, d’autre part, de redéfinir des stades d’alerte permettant d’adapter le niveau de notre défense à la menace. Cet effort au profit de la préparation opérationnelle débute dès 2024, permettant de maintenir les savoir-faire dans le temps, en cohérence avec l’arrivée des nouveaux équipements et de très hautes exigences de polyvalence. La préparation sera également renforcée qualitativement en développant des entraînements de « haut de spectre » pour consolider les compétences nécessaires aux engagements de court terme et y favoriser l’emploi de munitions en conditions réelles, au service d’une préparation opérationnelle réaliste et durcie. L’amélioration qualitative de l’entraînement se traduira par la participation des armées aux exercices de niveau brigade terrestre, de niveau de force maritime et de niveau expertise et perfectionnement pour la composante aérienne, et par la participation à des exercices multinationaux, en particulier dans le cadre de l’OTAN (STEADFAST DEFENDER 24). Pour que les armées consacrent plus de temps à l’entraînement mené avec leurs matériels majeurs, avec lesquels elles pourraient être amenées à s’engager en cas d’affrontement, un niveau supérieur de performance du maintien en condition opérationnelle (MCO) sera recherché. Ainsi, les crédits de l’opération stratégique « Entretien programmé du matériel » (EPM) augmentent de plus de 745 M€ par rapport à la loi de finances 2023, comme ceux de l’opération stratégique « Activités opérationnelles » de 326 M€, pour permettre de garantir l’activité des forces et leur préparation opérationnelle. Les crédits dédiés au financement du recomplètement des stocks de munitions et de petits équipements augmentent eux de 306 M€ (opération stratégique « Équipements d’accompagnement »).


3. Préserver la cohérence du modèle par des soutiens renforcés


Il ne peut y avoir de modèle capacitaire crédible, équilibré et cohérent, ni d’autonomie stratégique, sans des soutiens robustes, dont la qualité conditionne la performance opérationnelle comprenant la capacité à durer. La LPM 2024-2030 porte l’ambition de consolider les services de soutien et de renforcer leur crédibilité opérationnelle dans la perspective d’un pivot vers le nouveau référentiel opérationnel. Dès 2024, un effort sera fait sur le maintien d’un soutien territorial de proximité de qualité, par les bases de défense dont le budget est en hausse de 146 M€ par rapport à 2023. Des stocks pré-positionnés (protection balistique, panoplies NRBC…) seront constitués au juste niveau ainsi que des moyens modernes d’équipements individuels du combattant mis à disposition, avec le début des livraisons en treillis F3 BME. Les capacités de transport des munitions seront augmentées. Le soutien des forces pré-positionnées et de souveraineté sera pris en compte avec le doublement des dépenses destinées aux familles de militaires ou civils affectés en outre-mer et à l’étranger. Enfin, la capacité hospitalière militaire initiera dès 2024 son renforcement avec notamment la réhabilitation du service de chirurgie orthopédique pour l’HIA Percy ou le renouvellement de l’IRM 3T pour l’HIA Sainte-Anne.





Récapitulation des objectifs et des indicateurs de performance

Objectif 1 : Commander des forces, aptes à comprendre et influencer

Indicateur 1.1 : Nombre d’états-majors tactiques aptes de niveau 1 et 2

Indicateur 1.2 : Nombre d’exercices

Indicateur 1.3 : Volume de personnel militaire déployé

Indicateur 1.4 : Efficacité du pré-positionnement des forces

Indicateur 1.5 : Signalements stratégiques

Objectif 2 : Entraîner les forces

Indicateur 2.1 : Activité réalisée par type de matériel

Indicateur 2.2 : Nombre d’exercices du domaine spatial

Indicateur 2.3 : Nombre d’exercices du domaine Cyber

Objectif 3 : Soutenir les forces

Indicateur 3.1 : Coût de la fonction maintien en condition opérationnelle par milieu

Indicateur 3.2 : Disponibilité des matériels

Indicateur 3.3 : Coût de la fonction « restauration-hébergement »

Indicateur 3.4 : Soutien du SSA aux opérations

Indicateur 3.5 : Améliorer le soutien du combattant

Indicateur 3.6 : Soutien des opérations par la DIRISI

Objectif 4 : Préparer l'avenir

Indicateur 4.1 : Réserve opérationnelle